Frankreich (die Französisch Republik)
INTERVIEW ACCORDÉE À RIA "NOVOSTI" PAR LE PORTE-PAROLE DU MINISTÈRE RUSSE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ALEXANDRE IAKOVENKO À L'OCCASION DE LA PROCHAINE VISITE D'IGOR IVANOV EN FRANCE
Question : Quelle signification attache-t-on à Moscou au voyage d'Igor Ivanov en France le 15 février ?
Réponse : La prochaine visite d'Igor Ivanov à Paris est un témoignage de la marche du mécanisme bien huilé des consultations politiques régulières au niveau des chefs des diplomaties des deux pays, ce qui est l'un des éléments constitutifs du dialogue politique approfondi propre aux les relations variées entre la Russie et la France. La visite s'inscrit dans l'intention des deux parties de poursuivre le dialogue politique intense même à une période où les milieux politiques français seront concentrés essentiellement sur l'élection du président (fin avril - début mai) et de l'Assemblée nationale (juin).
La prochaine rencontre des ministres russe et français des Affaires étrangères a pour but de donner des suites pratiques à l'entente sur les moyens de renforcer le partenariat russo-français intervenue au cours de l'entretien des présidents des deux pays le 5 janvier à Paris. Ce processus repose sur l'intérêt mutuel des deux Etats à augmenter l'influence russo-française sur les affaires mondiales.
Question : Quelles sont les priorités du dialogue russo-français en ce moment ?
Réponse : Dans le nouveau contexte international qui a résulté des événements du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, ainsi qu'après la décision annoncée par les Etats-Unis de dénoncer le Traité sur la défense antimissile, on voit augmenter considérablement le rôle du dialogue russo-français dans la formation d'une nouvelle architecture de la sécurité dans le monde en général et en Europe en particulier.
Sous ce rapport, les ministres étudieront à Paris les possibilités de coopérer pour tracer un nouveau cadre de la stabilité stratégique, en développement de la Déclaration conjointe sur la stabilité stratégique adoptée au cours de la visite du président français Jaques Chirac en Russie en juillet 2001. Dans cette lumière, une importance fondamentale revient à la volonté commune des deux pays de maintenir le système équilibré de sécurité internationale fondé sur des ententes juridiquement contraignantes et sur des mécanismes de contrôle viables.
Les ministres procéderont à un échange de vues sur les moyens de concrétiser la proposition formulée en décembre 2001 par le président français d'établir un "partenariat global" entre la Russie et l'Union européenne et de former en Europe un espace de sécurité commun, un terrain économique, culturel, instructif et juridique commun. Les problèmes de la région de Kaliningrad et les obstacles qui persistent dans les relations commerciales et économiques entre la Russie et les Quinze seront parmi les sujets privilégiés en raison du futur élargissement de l'UE. Les ministres se pencheront sur l'avancement des travaux de création d'un Conseil de sécurité intérieur de la Russie et de l'UE, proposition faite par le président français au cours de la rencontre au sommet des pays de l'UE en Belgique en décembre 2001.
Les ministres étudieront en détail les problèmes des relations Russie-OTAN compte tenu de la position de la France en faveur d'une participation de la Russie sur un pied d'égalité au dialogue avec les Etats otaniens dans le cadre du groupe dit des "vingt", notamment sur l'exécution en commun d'opérations de règlement des crises.
Question : Quels aspects de la lutte contre le terrorisme international peuvent être abordés lors des pourparlers ?
Réponse : Une attention soutenue sera accordée à la coopération dans la lutte contre le terrorisme international, l'accent étant mis sur l'unité des positions de la Russie et de la France en ce qui concerne la reconnaissance du rôle central de l'ONU dans la codification juridique et dans la coordination des efforts internationaux sur ce terrain. C'est dans le contexte de la lutte contre le terrorisme que sera examinée la situation en Afghanistan et autour de ce pays. La Russie part du fait que la présence militaire de certains pays de l'OTAN en Asie centrale a pour but de remplir une mission commune qui réunit la Russie, la France, tout le monde civilisé - en finir avec la menace de terrorisme émanant du territoire afghan - et que cette présence sera coordonnée en temps et en objectif avec les missions qui découlent de l'opération antiterroriste en Afghanistan. Nous tenons à attirer l'attention sur les tentatives de certaines forces en France d'utiliser des doubles poids et doubles mesures pour évaluer la menace terroriste et exploiter la question tchétchène à des fins politiques.
Question : Quel rôle sera réservé aux relations bilatérales, notamment dans la sphère économique ?
Réponse : Vu que les échanges commerciaux, à peine supérieurs à 3 milliards de dollars par an, ne correspondent pas au potentiel des deux pays et au niveau de leur dialogue politique, les parties accorderont une attention privilégiée à la réalisation de projets concrets de coopération économique mutuellement avantageuse, dont des projets d'investissement, dans des secteurs comme l'aérospatiale, l'énergie, l'agro-industriel. Une signification non moins importante sera accordée à la coopération humanitaire et culturelle, notamment à la propagation en France et en Russie du russe et du français respectivement, à la sauvegarde de l'héritage historique et culturel qui existe dans les deux pays.